Journal, 4 octobre 2017
« L’arrivée à Chartres est violente et douce. Je suis depuis le matin, de loin en loin les deux flèches de la cathédrale trouant le ciel comme deux aiguilles, la plus petite est la plus ancienne. Je pense à Erevan, au mont Ararat et la montagne voisine qui surgissaient soudain au milieu de nulle part comme un miracle divin. Plus je m’en rapproche plus les flèches semblent s’éloigner, se cacher, s’enfoncer dans le sol.
Je longe l’Eure à l’entrée de Chartres tout devient alors étrange et hors du temps, j’entends des cris d’enfants et de l’autre côté d’un petit pont des gamins font du vélo, de la voiture à pédale, tournent en rond dans une cours cernée de beaux bâtiments.
Il y a quelque chose de très ancien qui émane de cette scène et ce décors. Des gens se promènent doucement sous les arbres, le long de la rive tirant paresseusement leur chien et leurs pensées au bout de laisses élastiques. La lumière mordore gentiment le tout. Puis surgit un gigantesque aqueduc qui enjambe le paysage. Je pars à gauche vers la rue des grandes filles dieu où les balisages de toutes sortes s’affolent mais je rectifie le tir car j’ai un plan de Chartres et pars tribord. »
















