Journal Vézelay-Périgueux, 7 octobre 2015
« Les journées passent dans un autre temps. Le monde s’agite à la télé. Moi je traverse un pays assoupi où les feuilles jaunes humides collent à mes pas. Les branches ondulent, les bois craquent et laissent s’échapper des salves de glands.
Je marche sur des tapis de châtaignes douces, bosselées. Je pense à des poêlées au coin d’un feu. Toutes ces flambées ratées dans une maison avec un mari. Des vaches rousses m’accompagnent de leur doux regard. J’en choisis une dans chaque pré. Celle qui a le plus d’amour dans le regard. Je parle aux chevaux, les ânes qui m’accompagnent de l’autre côté des haies, les moutons fuient étonnés au bruit de mes pas ou accourent vers moi comme un seul homme.
Je me prends pour Jeanne d’Arc sous le heaume de ma cape de pluie où je ne ressemble plus à rien. Je soliloque sous les averses, invective les camions et certains automobilistes me regardent l’air inquiet ou admiratif. »



















Christophe
30 avril 2024 at 22 h 28 min
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